Le temps…
Y’a de ces gens qu’on rencontre…et le lien est évident dès le premier coup d’oeil ;
Quand je parle d’inspiration, c’est qu’on est plusieurs à regarder,
à écouter, à chercher à voir les chemins qui ont été empruntés,
dessinés par les meneurs des générations qui nous précèdent.
Ceux qui nous parlent fort !
Tu les écoutes et tu t’entends.
Tu les entends te dire :
« Je ne suis pas ton passé, je suis à venir…
Je suis avenir, là où je suis passé avant toi,
Là où je te raconte en t’ouvrant la suite de mon histoire, en ouvrant le rideau, la volonté et le rôle…
Là où je me raconte en te cédant la parole
Là où toutes les présences se frôlent
Entre les pôles du temps. »
Lunettes noires.
Ciel ouvert.
Ma tête se relève
Le sourire aux lèvres…
Le deuil.
Je te célèbre, grand vivant au coeur ouvert
À découvert, le seuil.

Stéphane Garneau et son équipe m'ont invitée pour partager avec eux et avec vous ce dont j'ai envie, sur un pays qui porte une grande signification pour moi, dans ma vie et dans ma carrière. Évidemment que je vais vous parler d'Haïti ! Le pays de mes parents, mes grands-parents, de mes anciens, de tous mes combats comme de toutes mes célébrations, de mon identité personnelle et collective, du son, des mélodies, des rythmes qui m'habitent et qui m'appellent, le pays de ma persistance et de ma pérennité, le pays de mon histoire et surtout, de notre histoire à tous.
Celle qui ne nous est jamais racontée.
La seule requête qui m'accueille et me ceint à mon arrivée devant le micro : « Ne parlons pas des crises, parlons d'autre chose, restons dans le léger »
Vous comprenez que ce n'est pas sans un certain malaise et ce n'est pas dénuée de conscience que j'accepte de parler en ce moment d'Haïti dans un cadre de légèreté qui pourrait être dissonante pour ne pas dire sournoise ou hypocrite. Mais c'est mon désir et mon devoir de justement profiter de ce temps d'antenne concis pour mettre la lumière sur le vrai Haïti. L'Haïti de Dessaline, des Taïnos, des Bosals, des empires africains... L'Haïti du 14 août 1791, celui des marrons, des Moun Mòn, des paysans !
L'Haïti de mon enfance aussi, l'Haïti qui a bercé mes inspirations, où j'ai été aimée par une grande famille nombreuse, par tout un quartier, tout un village, tout une nation qui m'a transmis l'art de joindre l'être et le devenir, l'avoir et le savoir, la lutte et ses cérémonies, l'individu et son humanité.
Honneur et respect.
J'ai tout juste le temps de vous pointer la lumière. Prenez tous ces mots, ces noms, ces dates que je dissémine et allez les rechercher en profondeur.
Bonne écoute...
Bon 234e anniversaire de la Cérémonie du Bois Caïman à tous les haïtiens et à tous les peuples résistants de la terre.
Cette insurrection est encore en cours puisque tant que toutes les nations de ce monde ne seront pas libres et égales... 🔥
Let's go party people. Avanse Avanse !
Et mes hommages aux victimes de La Saline, de Delma 6, Delma 8, de Croix-des-Bouquets, de Cité Soleil, de Port-aux-Prince...
Pour vous, les chandelles sont allumées.
Le chauffeur de taxi allume la game de soccer sur son téléphone.
C’est qu’il vient de se rendre compte que si je l’entends me parler, je ne l’écoute pas vraiment.
J’essaie de voir si j’peux discerner les équipes sur le terrain, question de me rattraper pis de trouver de quoi relancer sa tentative de convo… Rien à faire, j’vois rien, j’y connais rien non plus pis sincèrement, j’arrive pas à m’y intéresser. Alors vag.
Ça me désole profondément.
Pour lui, parce qu’il a fait l’effort et c’était pas obligé. Et je l’ai vraiment ressenti comme une tentative de connexion, de simple humanisme de base, converser…
Est-ce que j’ai fait la paix avec toi ? Avec c’que tu as fait ?
La paix entre mes conclusions et la tienne ? J’suis encore scindée en deux…
Je l’sais même pas si c’est right de ma part d’entrer dans ton trip. Dans ton symbolisme auquel, je l’avoue, j’ai souvent ajouté les mots « à la con ». Mais quelques secondes après avoir pensé ça, j’me dis « damn right ».
Je respecte tout de toi. Jusqu’au bout. Même ton allégorie du chiffre 2 que tu nous as estampé dans l’coeur pis dans l’crâne au faîte de ton envol, de ta chute.
J’ai passé la journée avec les boys aujourd’hui. :)
On a été invités, pour être honorés, à célébrer le temps et tout ce qu’on lui a donné puis laissé. Toute la signifiance du moment présent en fait !
On a donc embrassé plusieurs instants où on pensait ensemble à toi. Je n’ai pas eu à le faire seule. On n’a pas trouvé ça étrange du tout. On est habitués de sentir ta présence aux moments opportuns. On apprécie ces clins d’oeil de la vie que tu nous fais.
Mais maintenant que je suis rentrée seule à la maison, je requestionne la vue d’ensemble.
Célébrer la signifiance du présent qui cumule toute une vie ?
Combien de fois m’as-tu dis que tu ne trouvais pas ta signifiance ? Que malgré tous tes efforts, tu ne comprenais pas ta vie ?
Après toutes ces années, je ne sais toujours pas si c’est normal qu’encore, je cherche le moment du fil de ton intrigue où moi, j’aurais pu intervenir et tout changer pour toi.
Je repasse en boucle toutes nos discussions mais surtout la dernière juste avant que tu partes. Ton dernier texto aussi, celui que je n’ai toujours pas effacé de mon cell… ben voilà. Lui aussi il m’a percée jusqu’à mon cellulaire.
Right now, c’est plus le fait que tu sois parti qui me déchire. C’est le fait que tu sois parti seul, sans nous dire au revoir, ni où tu t’en allais.
Je ne sais pas si les gens qui me lisent comprennent c’que j’veux dire.
Partir seul. L’ultime solitude. Le vide plus assoiffé que l’amour. L’exil qui ne te promet rien, rien d’autre que l’interruption.
Me l’as-tu dis que t’étais rendu là ? Est-ce que pour toi, j’ai rempli le vide plus que l’amour ?
Est-ce que ça m’arrive de m’ajouter au vide ? Plus qu’à l’amour ?
J’me repose la question avant de poster ça.
J’le fais pour qui ? Pourquoi ?
Si c’est pas juste d’l’amour, pur et net, j’le post pas…
Encore une fois, pas bizarre du tout, ce soir y’a un docu qui joue à Télé Québec.
Qui raconte l’histoire d’un homme qui est parti tout comme toi mais aussi celle de sa gang de chums, de ceux qui restent. Même pas en suspend mais en chute libre.
So j’plonge deep dans la réflexion, la méditation, avec eux, avec toi.
Ça m’fait du bien...
Love you bro. You already know. You already knew. Pis moi je l’sais maintenant.
C’est l’foutu vide ! Faudra qu’on inonde d’amour tout ce vide !
Pis qu’on apprenne à se parler vraiment, s’écouter vraiment et demander de l’aide, pour soi comme pour les autres.
Alors pour moi, d’abord.
Pour toi, bien sûr.
Mais surtout pour tous ceux qui restent…
Post.
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