
Je suis en ce moment à 5000 km de chez moi, à St-Laurent du Maroni.
C'est magnifique, inspirant, à vif et c'est à la source même de l'existentiel.
J'écris et compose la musique d'une pièce de théâtre à venir, outillée du simple minimum qu'il faut pour vivre et pour être créatif, hébergée dans une petite cabane avec toute l'équipe et les comédiens talentueux et terre-à-terre, posée sur le bord du fleuve.
Méditation active.
Les mots et les notes se ruent sur mon portable.
Ça fait 20 ans que je me raconte, que je raconte mon milieu. C'est un honneur et un privilège que d'être invitée à voyager pour faire immersion dans l'ailleurs, pour voir d'autres façons de se tenir debout, de se construire, de devenir, de créer, pour expérimenter avant de raconter l'universel, le réel qui nous concerne tous.
Quelle expérience extraordinaire et vivifiante. J'ai hâte de vous la partager.
Comme l'oiseau...
À suivre, pour 2020...
Quand j'ai commencé l'aventure Muzion en 99, jamais j'aurais pensé nous retouver encore au sommet 20 ans plus tard.
Quand j'utilise le mot “sommet”, j'espère que vous comprenez que je n'emprunte rien au discours plat, artificiel et lassant de la promotion et de la prétention. Le fameux “yeah boy! On est les best and I'm on top of the wolrd!!!”. Non. Je parle d'un sommet beaucoup plus incommensurable.
Je parle d'un état des lieux, d'une certaine forme d'arrêt à partir duquel tu captes une vue d'ensemble de tout le chemin parcouru, les escalades ardues comme les envolées, les chutes, les reculs, les élans, les rehaussements, les avancées...les accessions d'où l'horizon est tellement infini et l'air tellement pur et oxygénant que tu comprends que chaque sommet en appelle un autre, qu'il n'y a pas de sommets mais que des sommes, qu'on ne compte plus les sommes mais les éveils, que la vie est une succession d'éveils qui nous ramènent les pieds sur terre.
Wow... C'est extraordinaire. Merci la vie.
Je parle aussi de toutes les rencontres qui nous ont hissés.
Merci à tous ceux qui étaient là, qui ont rendu tout ce cheminement possible il y a 20 ans, pendant 20 ans, 20 ans plus tard et pour encore 20 ans.
Cliquez sur «Lire la suite» pour lire les articles de presse (merci à tous les journalistes qui nous ont rencontrés, pour votre temps, votre écoute, votre respect, votre support pendant toutes ces années et pour les good vibes lors de nos échanges).
À commencer par cet article de Jérémie McEwen dans La Presse. Il m'a laissée bouche bée... Quand on tombe sur quelqu'un qui a l'éloquence de son talent et de sa pensée et qui nous démontre un tel respect et une compréhension de notre intégralité, qui ose l'exprimer sous cet angle, ça chavire totalement.
Réciprocité M.McEwen. Merci beaucoup et au plaisir de vous rencontrer...
http://plus.lapresse.ca/screens/a569874f-2099-4b62-b632-9b46274b6f7e__7C___0.html?utm_medium=Email&utm_campaign=Internal+Share&utm_content=Screen

20 ans cette année que le premier album de Muzion a tout révolutionné dans l'univers du Hip Hop québécois.
20 ans... Et tous les membres du groupe sont encore aux commandes.
Le 26 juillet, pour souligner ça, Sony va nous ressortir une version deluxe (cd et vynile) de l'album :
Mentalité Moune Morne XX (ils n'ont toujours pas compris)
Ça a été un plaisir de revisiter les sons, les textes, les photos, les remerciements avec les boys et le label.
On a même pas eu besoin de remixer. Le son sale et cru du hood ne défraîchit jamais.
Et pourquoi pas célébrer ça, bloc party style, Barbancourt, griots, bannan peze, 2 turntables and a mic pis du gros love en famille ?
Restez tonalisés.
On vous tient au courant. Comme on l'fait depuis 20 ans.
En attendant, lisez cette superbe entrevue qu'on a faite avec Olivier Boivert-Magnen du Voir.
Du journalisme de haut calibre. Le dude m'a prise de court avec des questions qu'on ne m'avait jamais posées auparavant, en deux décénnies ! Vous imaginez ?
Historique et histoires sur l'Histoire...qui s'écrit encore.
One love Riff. Merci.
Lisez ça ICI : https://voir.ca/musique/2019/07/04/il-y-a-20-ans-muzion-mentalite-moune-morne-ils-nont-pas-compris/

Jamais je n'aurais pensé que le projet “ Accompagne-Moi ” se serait rendu jusqu'au fameux Festival d'Avignon où tous les acteurs de l'art vivant rêvent de mettre les pieds.
Quel trip de dingue ! Surtout si tu oeuvres dans le théâtre, tu dois vivre ça au moins une fois dans ta vie.
19 dates, du 5 au 27 juillet ! Intense. Tu entres dans l'jeu, t'en sors plus.
Les rues sont bondées du matin jusqu'à la nuit. Et ça vibe non stop.
À 1h du mat, tu prends une bière au son du beat sur une terrasse, les boites de danse ouvrent leurs rideaux que le mielleux attire, la lune aussi chaude que le soleil (faut dire que le 40˚ de canicule cette année, soit il te sidère, soit tu le poétises) et tu causes de l'art, de la vie ou de tout c'que tu veux avec tout plein d'artistes diverses ou avec des intéressés qui s'asseoient avec toi pour faire connaissance.
La gayance ! comme on dit chez nous. La vivance !
Gros fun sale, gros trip mais surtout, c'est toute une école.
À la guerre comme à la guerre !
Tu te bats pour remplir tes salles. Tu expérimentes tout, on and off stage, à fleur de peau. Tu rodes ton show live and direct. T'es continuellement en promo.
Mais tu vis à vue d'oeil ta progression fulgurante ! L'art ! Si tu goûtes bien à l'exercice, tu te découvres artiste sans son ego, juste la confiance qu'il faut = l'art à son paroxisme !
Tu ressors forcément de cette expérience meilleur que tu ne l'étais avant d'y entrer.
Merci la vie.
Remerciements à l'équipe Maztek pour l'admin et à Derviche pour les placements promo.
One love et chapeau à Bérékyah Yergeau (écriture et mise en scène), Anne Meyer (chorégraphies et interprétation), Michaël Creusy (conception lumières).
Moi j'étais à la musique (qu'ils ont bien kiffée) et l'entendre dans ce cadre m'a inspirée au plus haut point.
Jusqu'où ? Mais jusqu'au bout, la famille ! Prochaine destination ?

Franchement, un des plus beaux et plus grands moments de ma carrière.
Cette connexion, cet accueil, ce moment qui se vit en coeur…
Je regardais ça le lendemain du show, encore sur mon nuage, à la tv avec ma p'tite famille.
Elle était fière.
Ça faisait longtemps qu'on attendait de voir ça, ce symbole, ce message lourd de sens et d'espoir.
Et ça n'a rien à voir avec moi mais tout à avoir avec nous.
J'vous jure, quand ma p'tite nièce de 4 ans (qui me regardait avec les yeux brillants, lumineux, en écoutant fièrement les présentations et les discours qui entouraient les perfos musicales) m'a dit : « Oh! Tati ! T'es belle ! T'es bonne !... Québécois... Tati, est-ce que tu es Québécoise ? » , j'en ai eu les larmes aux yeux tant j'ai tout compris d'un coup.
Oui mon amour. Et toi aussi tu l'es.
Je n'pense même pas que les organisateurs du spectacle de la St-Jean 2019 (que je remerçie de tout coeur pour l'invitation et la vibe de malade) étaient conscients de ce qu'ils faisaient réellement, de l'ampleur de l'image qu'ils venaient de transmettre au Québec.
Une femme, noire, dreadlocks, dans toute sa négritude, qui en plus de chanter en harmo avec nos grands artistes les classiques de notre répertoire, chante aussi son propre message sur la grande scène de la Fête nationale du Québec :
« Spit White ! J'entends crier les chants de la liberté et je sais que la liberté se trouve dans les liaisons.
Je veux chanter dans la langue de la liberté, en créole, en français, que c'est ici mon pays ! »
Je sais pas si vous êtes conscients de l'effet que ça fait dans l'imaginaire collectif, particulièrement dans celui des immigrants et de la marge ;
Ça fesse ! Ça réveille. Ça fait réfléchir pis ouvrir les barricades.
Ça cimente la cohésion, l'ensemble.
Voilà. C'est tout ce que ça prend.
Pas le projecteur pour se plaindre. Pas le podium pour remplir les quotas. Juste être là quand il faut. Comme tout l'monde. Et se raconter ensemble.

Julie Lamontagne ♥, Pierre Seguin, Michel Sabourin, Clémence Aboussouan... ce fut un plaisir.
Y'a d'la grosse pointure à l'oeuvre à l'arrière scène mes amis !
On va chauffer ça…
23 juin, Parc Jean-Drapeau, diffusé en direct sur Rythme FM et CKOI.
24 juin 20h à la télé de Radio-Canada.


J’vais encore une fois faire de quoi qui apparemment s’fait pas à l'ère du “ who likes you ”confondu au “who’s like you” : j’vais énoncer une vérité qui n’plait pas à tout l’monde.
Une vérité que certains préfèrent toiser de l’extérieur en se disant « Pfff…si j’me vois pas déjà d’dans, si c’est pas moi qui shine, c’est quoi l’deal ? Tu m’invites à faire mieux ? Tu me dégrades ! ».
Ainsi s’enfoncent les barreaux de la petitesse, du Moi étroit.
Ne me sortez surtout pas du moi que je connais ! Et si je me perdais dans tout ce que je ne suis pas encore, dans tout ce que l’autre peut être et qu’en Moi, je ne vois pas ?
Miroir, Me war…
Est-ce que c’est ce même réflexe qui s’enclenche quand quelqu’un nous dit fièrement qu’il est différent de nous ? Et qu’automatiquement dans notre tête on lui répond « *Tchuip*… mais pour qui tu t’prends ? Prétentieux… »
Pourtant, différent ne veut dire ni pire ni mieux ! Différent veut juste dire différemment !
Quelle opportunité d’accroissement, non ?
À quelle mesure et jusqu’où irons-nous pour ne voir que nous-mêmes ?
Moi je dis qu’il n’y a pire ego démesuré que celui qui préfère s’abriter dans la peur de ne pas être suffisant pour être apprécié, cachée sous le masque fêlé de la satisfaction, plutôt que de s’offrir au devenir, à tous les possibles du soi qu’il reste à explorer, à apprendre, à partager.
Être productif, être évolutif, être vivant c’est être encore capable d’apprendre.
L'un des domaines qui m'emballent et m'inspirent le plus de mon métier, c'est le partage direct, l'enseignement, la transmission.
C'est là où je me sens le plus valable, là où je peux concrètement faire ma part, faire partie de l'enchaînement des idées et de la création.
C'est là où je me mesure le mieux.
J'crois que vous l'avez compris depuis l'temps ; Rencontrer la jeunesse, ça part de là pour moi.
Et le cadre universitaire est un match parfait ;)
Merci à Sandria Bouliane, musicologue et professeure, pour l'invitation.
J'aurais tellement aimé avoir eu accès à ce genre de cours quand j'avais leur âge ! Merci Sandria.
Et merci à tous les étudiants de ce cours pour votre accueil, votre intérêt et votre écoute. Vous m'écrivez quand vous voulez !
Cliquez sur l'image pour lire « La petite histoire » dans La Presse.
Puis lisez ici la suite de ce texte (qui a été coupée par les éditeurs. Et c'est pas mon style de me cacher en tabernacle) ; )
Les individus se rencontrent, se familiarisent.
Habité par la première loi innée de la nature, l’instinct de conservation,
l’Individu répond à la peur de s’éteindre si un autre, sous le soleil, prend sa place.
L’être et l’avoir. On y arrive…
Par conséquent, les individus ne se rencontrent maintenant que pour se faire duels.
Jusqu’au jour où les individuels se rendent compte de la force du nombre !
Du profitable de la survie des semblables !
Le ciel est de plus en plus sombre…
Les individuels se divisent et se rassemblent en groupes de semblables.
Les groupes de semblables se mesurent à outrance, à en oublier de mesurer leur environnement et ses ressources.
Les semblables piétinent les ressources pour gagner leurs guerres
puis se piétinent, se plantent tour à tour, pour reproduire la victoire héréditaire.
À présent, les héréditaires se prennent pour acquis.
C’est ainsi que chaque héréditaire aguerri, dans sa hiérarchie croit qu’il a acquis la terre.
La terre, les individuels se vendent entre eux - de ce qui nous possède, on ne peut pas guérir -
Dès qu’ils oublient tout ce qu’ils ont déjà, au profit du pouvoir qu’ils n’ont pas.
L’Individu n’agit désormais qu’au nom de ce pouvoir : Acquérir.
Il est maintenant en lui-même divisé, entre son être et ses avoirs.
Il se méprend entre tout prendre pour lui et ne rien perdre de lui, se « conservatoire »
Sinon, appartenir à qui ?
Pour s’appartenir, il faut d’abord se laisser Être
S’adapter au cours de la vie car rien n’est immuable.
Rien ne se perd, tout naît sacré, tout doit se transmettre !
Puisque le tout comme sa fin est indéniable.
L’Individu dans son miroir ne se reconnait plus, il prend peur, il se hait.
Il s’exige à tout ce qui passe, au passé dans lequel il se retire
Pour plaider “J’avais” plutôt que dire “ Nous sommes”.
Je me souviens de tout ce que je suis dès que je vois les miens :
Tous les chemins mènent à L’Homme.
Comme sa nature, il ne possède rien
Il est
Il n’existe que pour remettre sa mémoire à demain…
Habitant la première loi de l’acquis - l’avoir est une faculté qui s’oublie -
l’Individuel perd de vue que nous sommes tous Semblables.
Et si l’erreur est humaine, il nie la faute ;
La liberté de l’un commence toujours là où il s’acquiert celle des autres.
« Je saurai que dans la balance, cette menace d'être empiétée pèse beaucoup plus lourd que le sentiment d'être inquiétant quand on porte sur soi sa foi, l'image des cieux qu'il a fallu traverser une fois déraciné de tout, cet espoir qu'il nous reste, auquel on croit et on s'accroche pour exister encore un peu. »
Jenny
Et j'me relève la tête, en silence, pensant au Sri Lanka…